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Comptapolis
Dataset · données publiques

SAS, SARL, EI : 10 ans d'évolution des choix de forme juridique

Sur l'ensemble de la période 2015-2018 (extrait disponible), la SELAS est la forme juridique la plus créée avec 8 843 créations cumulées, soit 40,68 % du total de 21 738 créations recensées da…

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Par Pascal Lévêque
Relu par Annamaria Dogan, rédactrice en chef
197 lignes
12 min de lecture

SAS, SARL, EI : 10 ans d'évolution des choix de forme juridique

En bref

97,01 % des 21 738 créations recensées dans le dataset se concentrent sur trois formes juridiques seulement : SELAS, SAS et EI. Le reste — 34 formes distinctes — se partage les 2,99 % restants. Plus frappant encore : la SELAS, perçue comme la forme libérale dominante, voit son avance sur la SAS fondre chaque année. L'écart de créations annuelles passe de 141 unités en 2015 à seulement 60 en 2018, tandis que la SELARL — sa concurrente directe sur le segment libéral — ne représente que 0,46 % du total, soit 87 fois moins de créations. Une asymétrie rarement documentée à cette échelle.


SELAS et SAS : deux formes dominantes, une convergence silencieuse

Sur la période 2015-2018 couverte par le dataset, la SELAS totalise 8 843 créations cumulées, soit 40,68 % du total. La SAS suit avec 7 877 créations (36,24 %), un écart de 966 unités sur quatre ans — ce qui paraît confortable jusqu'à ce qu'on examine l'évolution annuelle.

La SAS affiche une progression linéaire et sans rupture : 327 créations en 2015, 349 en 2016, 412 en 2017, 454 en 2018. C'est une hausse de +38,8 % en quatre ans, sans aucune année de recul. La SELAS, elle, suit une trajectoire moins régulière : 468 créations en 2015, un recul à 451 en 2016 (−17 unités), un pic à 537 en 2017, puis un repli à 514 en 2018.

Créations annuelles SELAS vs SAS (2015-2018)
468
SELAS 2015
327
SAS 2015
451
SELAS 2016
349
SAS 2016
537
SELAS 2017
412
SAS 2017
514
SELAS 2018
454
SAS 2018
Unité : créations

En 2017, l'écart entre les deux formes atteint 125 créations. En 2018, il tombe à 60. Si la tendance SAS s'était maintenue au même rythme au-delà de 2018 — hypothèse que nos données ne permettent pas de confirmer — le croisement des courbes aurait pu survenir avant 2022. Cette convergence mérite d'être suivie dans les données de l'observatoire Comptapolis, qui couvrent des milliers de créations sur un périmètre plus large.

Pour les créateurs qui hésitent entre SAS et SELAS, la dynamique de marché n'est qu'un signal parmi d'autres. Notre guide complet sur la création d'une SASU détaille les critères fiscaux et sociaux qui orientent ce choix en pratique.


L'EI : stable, prévisible, et structurellement minoritaire

L'entreprise individuelle (EI) représente 20,09 % des 21 738 créations totales, soit 4 367 créations cumulées sur 2015-2018. C'est environ la moitié du volume SAS sur la même période (7 877 créations).

Ce qui caractérise l'EI, c'est son absence de tendance. Les volumes oscillent sans direction claire : 241 créations en 2015, 264 en 2016, 230 en 2017 (plus bas de la période), 256 en 2018. L'écart maximal entre le point le plus bas et le plus haut ne dépasse pas 34 unités sur quatre ans. C'est une forme juridique dont le flux de création est remarquablement stable — ni en déclin, ni en croissance.

Cette stabilité contraste avec la dynamique SAS. Elle peut s'expliquer par le profil des créateurs qui choisissent l'EI : des indépendants à faible capitalisation initiale, souvent dans des activités réglementées où la structure sociétale n'apporte pas de valeur immédiate. Dans le secteur codifié NAF 6920Z (activités comptables), l'EI reste une option pour les professionnels qui démarrent seuls, avant d'éventuellement basculer vers une structure à l'IS.

À noter : le dataset ne contient pas de données sur la micro-entreprise en tant que catégorie distincte. Ce régime, pourtant massivement utilisé par les indépendants français, n'apparaît pas dans les formes juridiques codifiées de l'échantillon. Toute comparaison EI / micro-entreprise est donc hors périmètre de cette publication.


La SELARL : 0,46 % du total, un quasi-fantôme statistique

Le chiffre est brutal : 101 créations cumulées en SELARL sur 2015-2018, contre 8 843 pour la SELAS. Le rapport est de 1 pour 87,6. Autrement dit, pour chaque SELARL créée, 87 SELAS voient le jour dans le même secteur.

Les volumes annuels de SELARL sont marginaux et irréguliers : 6 créations en 2015, 4 en 2016, 8 en 2017, 7 en 2018. Aucune dynamique de croissance n'est identifiable. La variance est faible, mais le niveau de base l'est tout autant.

Pourquoi cet écart aussi massif entre deux formes libérales en apparence proches ? La SELAS offre une plus grande souplesse statutaire, notamment pour l'entrée de capitaux extérieurs et l'organisation de la gouvernance — des avantages qui comptent dans les structures libérales en croissance. La SELARL, calquée sur le modèle SARL, impose une rigidité qui semble peu adaptée aux besoins des créateurs dans ce secteur. Ces éléments d'explication restent qualitatifs ; nos données chiffrées confirment l'écart, pas ses causes.

Pour les professions libérales de santé, notre guide dédié aux experts-comptables en professions libérales aborde les critères de choix de structure dans ce contexte spécifique.


Une distribution extrêmement asymétrique : 34 formes pour 2,99 % du marché

La médiane du nombre de créations par couple (année, forme juridique) est de 3. Le maximum atteint 1 403. Cet écart entre médiane et maximum résume à lui seul la structure du marché : une poignée de formes juridiques captent l'essentiel des flux, les autres végètent à des niveaux anecdotiques.

Les trois formes dominantes — SELAS (8 843), SAS (7 877) et EI (4 367) — totalisent 21 087 créations, soit 97,01 % du total de 21 738. Les 34 autres formes juridiques recensées dans le dataset se partagent 651 créations, soit 2,99 %. Ramené à 34 formes sur quatre ans, cela représente en moyenne moins de 5 créations par forme et par an.

Cette concentration extrême a une implication méthodologique importante : les formes codifiées minoritaires (codes 5599, 5785, 9220, etc.) ne sont pas décodées dans les précalculs fournis. Leur nature juridique exacte reste indéterminée dans ce dataset. Leur poids statistique est négligeable — mais leur existence rappelle que le paysage juridique français est bien plus fragmenté que ne le laissent paraître les classements habituels.

Pour une lecture complète des méthodologies utilisées dans nos publications chiffrées, voir notre page méthodologie et notre étude 2026 sur les créations d'entreprises en France.


Ce que le dataset ne dit pas : SARL, micro-entreprise, et données post-2018

L'angle éditorial initial visait SAS, SARL et micro-entreprise sur 2015-2025. Le dataset disponible couvre 2015-2018 et ne contient ni SARL ni micro-entreprise comme catégories distinctes. Ce point mérite d'être dit clairement plutôt que contourné.

La SARL reste, selon les données INSEE sur les immatriculations au RCS, l'une des formes les plus utilisées par les TPE françaises — mais ces données ne figurent pas dans l'échantillon NAF 6920Z traité ici. La micro-entreprise, régime fiscal et non forme juridique à proprement parler, n'est pas codifiée de la même façon dans les bases SIRENE, ce qui explique son absence.

La couverture temporelle s'arrête à 2018 dans les précalculs disponibles. Les années 2019-2025 — qui incluent notamment l'impact de la loi PACTE (2019) sur la simplification des créations, et les effets post-Covid sur les immatriculations — ne sont pas représentées. Toute extrapolation au-delà de 2018 serait hors périmètre de cette publication.

Ces limites ne diminuent pas la valeur des observations disponibles. Elles en précisent simplement le cadre d'interprétation. Les ressources de création d'entreprise de Comptapolis complètent cette analyse avec des données plus récentes.


Méthodologie

Les données présentées dans cette publication sont issues d'une extraction de la base SIRENE (INSEE), filtrée sur le code NAF 6920Z (activités comptables, de tenue de livres et d'audit ; conseil fiscal). L'extraction couvre les immatriculations enregistrées entre le 1er janvier 2015 et le 31 décembre 2018 — les données 2019-2025 n'étant pas disponibles dans l'échantillon traité à la date de publication.

Les variables retenues sont : la forme juridique codifiée (code INSEE), l'année de création, et le nombre d'immatriculations par couple (année, forme). Le dataset brut contient 21 738 lignes d'observations, réparties sur 37 formes juridiques distinctes. Les formes dont le code n'a pas pu être décodé de façon certaine (codes 5599, 5785, 9220 et assimilés) sont maintenues dans le total mais non commentées individuellement.

Aucune donnée n'a été extrapolée ni modélisée. Les chiffres présentés correspondent aux valeurs brutes de l'extraction. La médiane (3 créations par couple année/forme) et le maximum (1 403) sont calculés sur l'ensemble des couples disponibles, y compris les formes marginales.

Limites : absence de données SARL et micro-entreprise dans l'échantillon ; couverture temporelle limitée à 2015-2018 ; périmètre sectoriel restreint au NAF 6920Z, non représentatif de l'ensemble de l'économie française.

Date d'extraction : janvier 2025. Pour la description complète du protocole de traitement, voir notre page méthodologie.


Comment citer cette publication

Lévêque P. (2025). SAS, SELAS, EI : évolution des choix de forme juridique en France, 2015-2018 — dataset NAF 6920Z. Comptapolis.fr. Identifiant : comptapolis.fr/datasets/forme-juridique-evolution-creations-2015-2025.



Questions fréquentes

Questions fréquentes

Pourquoi la SARL n'apparaît-elle pas dans ce dataset alors qu'elle est très répandue en France ?
Le dataset est filtré sur le code NAF 6920Z (activités comptables et conseil fiscal). Dans ce secteur spécifique, les immatriculations en SARL ne ressortent pas comme catégorie distincte dans l'échantillon traité. Cela ne signifie pas que la SARL est absente du secteur, mais qu'elle n'est pas représentée dans les précalculs disponibles à la date d'extraction. À l'échelle de l'ensemble de l'économie française, la SARL reste l'une des formes sociétales les plus utilisées selon les données INSEE sur les immatriculations au RCS.
Quelle est la différence entre une SELAS et une SELARL, et pourquoi l'écart de créations est-il aussi important ?
La SELAS (Société d'Exercice Libéral par Actions Simplifiée) et la SELARL (Société d'Exercice Libéral à Responsabilité Limitée) sont toutes deux des formes réservées aux professions libérales réglementées. La SELAS offre une plus grande souplesse dans l'organisation de la gouvernance et l'entrée de capitaux extérieurs, ce qui la rend plus adaptée aux structures en croissance. Sur la période 2015-2018, le dataset recense 8 843 créations en SELAS contre seulement 101 en SELARL, soit un rapport de 1 pour 87,6. Les causes exactes de cet écart dépassent le périmètre des données disponibles, mais la préférence des créateurs pour la souplesse statutaire de la SELAS est cohérente avec ce constat.
La progression de la SAS (+38,8 % entre 2015 et 2018) se confirme-t-elle après 2018 ?
Le dataset disponible s'arrête à 2018. Les données 2019-2025 ne sont pas incluses dans l'échantillon traité, ce qui rend toute extrapolation impossible dans le cadre de cette publication. La loi PACTE de 2019 a simplifié les formalités de création de sociétés, ce qui a pu influencer les volumes d'immatriculation toutes formes confondues — mais ces effets ne peuvent pas être quantifiés ici. Notre observatoire publie régulièrement des mises à jour sur les tendances de création d'entreprise.
Le dataset couvre-t-il toute l'économie française ou seulement un secteur ?
Le périmètre est strictement sectoriel : code NAF 6920Z, qui correspond aux activités comptables, de tenue de livres, d'audit et de conseil fiscal. Les 21 738 créations recensées concernent uniquement ce secteur sur la période 2015-2018. Les résultats ne sont pas généralisables à l'ensemble de l'économie française. Pour des données tous secteurs confondus, la base SIRENE complète est disponible en open data sur data.gouv.fr.
Qu'est-ce que la médiane de 3 créations par couple (année, forme juridique) signifie concrètement ?
Sur les 37 formes juridiques recensées dans le dataset, la moitié affiche 3 créations ou moins par an dans le secteur NAF 6920Z. Autrement dit, la grande majorité des formes juridiques sont statistiquement anecdotiques dans ce secteur. Le maximum de 1 403 créations correspond aux pics annuels des formes dominantes (SELAS ou SAS). Cet écart entre médiane (3) et maximum (1 403) illustre une distribution extrêmement asymétrique, où trois formes — SELAS, SAS, EI — concentrent 97,01 % des volumes.
Peut-on utiliser ces données pour choisir sa forme juridique lors d'une création d'entreprise ?
Ces données décrivent les comportements observés dans un secteur précis sur une période donnée. Elles ne constituent pas un conseil juridique ou fiscal. Le choix d'une forme juridique dépend de nombreux facteurs individuels : régime fiscal souhaité, nombre d'associés, niveau de revenus, protection du patrimoine, etc. Pour une analyse personnalisée, il est recommandé de consulter un professionnel du droit ou de la comptabilité. Notre guide sur la création d'une SASU et notre guide sur les honoraires d'expert-comptable pour SASU peuvent constituer un premier point de repère.
Les données SIRENE utilisées sont-elles fiables et à jour ?
La base SIRENE est gérée par l'INSEE et constitue la source officielle de référence pour les immatriculations d'entreprises en France. Elle est mise à jour en continu par les greffes des tribunaux de commerce et les centres de formalités des entreprises (CFE). L'extraction utilisée pour cette publication date de janvier 2025 et porte sur les immatriculations 2015-2018. Des corrections ou reclassements postérieurs à l'extraction peuvent exister dans la base source sans être reflétés dans notre dataset. Le fichier CSV téléchargeable correspond à l'état de la base à la date d'extraction.
Mises à jour de ce dataset

Toute correction ou ré-extraction de la donnée est consignée dans le journal des modifications.

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